Bien que le "V" de la victoire soit mondialement associé à Churchill, ce geste emblématique a en réalité été lancé par un ministre belge en exil… depuis l'Angleterre et pendant la Seconde Guerre Mondiale. Et si cela ne suffisait pas, certaines sources suggèrent que ses origines pourraient même remonter à une légende médiévale, ancrant ce symbole dans une histoire bien plus ancienne et complexe. Dans tous les cas, ce geste s’est répandu comme un cri de ralliement à travers toute l'Europe pendant la guerre, et est aujourd'hui connu de tous. Quelle origine préférez-vous retenir ?
Le "V" de Churchill, un symbole mondial
En pleine Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill popularise un geste simple mais puissant : le "V" de la victoire. Avec deux doigts levés, il symbolise l’espoir et la détermination des Alliés face à l'Axe. Ce geste devient rapidement un emblème de résistance, incarnant la volonté inébranlable de vaincre l'oppression. Pourtant, ce symbole emblématique ne doit pas sa naissance à Churchill lui-même.
Churchill exhibant le V de la Victoire
La véritable naissance du "V" de la Victoire
En réalité, le "V" de la victoire trouve son origine dans une idée lancée en 1941 par Victor de Laveleye, un ancien ministre belge exilé à Londres. Sur les ondes de la BBC, il encourage ses compatriotes à utiliser la lettre "V" comme signe de résistance contre l'occupation allemande. Double résonance en belgique, où en français, "V" est la première lettre de "Victoire", et en flamand, celle de "Vrijheid" qui signifie “Liberté”. Ce symbole simple et universel commence alors à apparaître partout en Belgique, puis en Europe, gravé sur les murs, les panneaux, et même sur les véhicules allemands, prenant une signification encore plus provocatrice. Le “V” étant aussi la première lettre de “Victory” en anglais, il devient évident que Churchill s’en sert aussi. Les nombreuses photos de Churchill exposant ses deux doigts l'ont fait passer à la postérité.
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Retour à Azincourt en 1415
Mais l'histoire du "V" de la victoire peut pour certains remonter quelques siècles en arrière, jusqu'à une plaine boueuse du nord de la France : Azincourt, le 25 octobre 1415. Ce jour-là, les troupes anglaises, sous le commandement du roi Henri V, affrontent une armée française bien plus nombreuse. La bataille tourne rapidement en faveur des Anglais, grâce en grande partie à leurs archers, des hommes venus de tout le royaume. Ces archers, redoutables avec leurs arcs longs, infligent de lourdes pertes aux chevaliers français. Selon la légende, avant la bataille, les Français, certains de leur victoire, menacent de couper les deux doigts (l'index et le majeur) de chaque archer anglais capturé, rendant ainsi impossible le tir à l'arc. En réponse, les archers anglais auraient brandi ces deux mêmes doigts en signe de défi, pour montrer qu'ils étaient prêts à se battre. Ce geste serait ainsi devenu un symbole de résistance et de victoire, bien avant d’être popularisé par Churchill.
Un archer en tenue médiévale, avec tous ses doigts ;-))
Un symbole qui transcende les époques
Aujourd'hui, le "V" de la victoire est reconnu dans le monde entier, bien souvent sans que l’on sache vraiment d’où il vient. Ce geste, à la fois simple et puissant, est le reflet d’une histoire riche où légendes et réalités se croisent. Que ce soit par les archers d’Azincourt ou les résistants européens, le "V" a traversé les époques pour devenir un emblème intemporel de liberté et de résilience face à l’adversité.